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Le jardin d'un curieux





Une autre chose contribue encore à éloigner du règne végétal l’attention des gens de goût ; c’est l’habitude de ne chercher dans les plantes que des drogues & des remèdes. Théophraste s’y étoit pris autrement, & l’on peut regarder ce philosophe comme le seul botaniste de l’antiquité aussi n’est-il presque point connu parmi nous ; mais grâce à un certain Dioscoride, grand compilateur de recettes, & à ses commentateurs la médecine s’est tellement emparée des plantes transformées en exemples qu’on n’y voit que ce qu’on n’y voit point, avoir les prétendues vertus qu’il plaît au tiers & au quart de leur attribuer. On ne conçoit pas que organisation végétale puisse par elle-même mériter quelque attention ; des gens qui passent leur vie arranger savamment des coquilles se moquent de la botanique comme d’une étude inutile quand on n’y joint pas, comme ils disent, celle des propriétés, c’est-à-dire quand on n’abandonne pas l’observation de la nature qui ne ment point & qui ne nous dit rien de tout cela, pour se livrer uniquement à l’autorité des hommes qui sont menteurs & qui affirment beaucoup de choses qu’il faut croire sur une parole, fondée elle-même le plus souvent sur l’autorité d’autrui. Arrêtez-vous dans une prairie, à examiner successivement les fleurs dont elle brille, ceux qui vous verront faire, vous prenant pour un frater, vous demanderont des herbes pour guérir la rogne des enfants, la gale des hommes ou la morve des chevaux.

Ce dégoûtant préjugé est détruit en partie dans les autres pays & sur-tout en Angleterre grâce à Linnæus qui a un peu tiré la botanique des écoles de la pharmacie pour la rendre à l’histoire naturelle & aux usages économiques, mais en France où cette étude a moins pénétré chez les gens du monde, on est resté sur ce point tellement barbare qu’un bel esprit de Paris voyant à Londres tel jardin de curieux plein d’arbres & de plantes rares s’écria pour tout éloge : Voilà un fort beau jardin d’apothicaire ! À ce compte le premier apothicaire fut Adam. Car il n’est pas aisé d’imaginer un jardin mieux assorti de plantes que celui d’Eden.

Jean-Jacques Rousseau, Les rêveries du promeneur solitaire, 7ème promenade.


La maison des sons : j’habite une musique.


A 18h00
Capriccio création en France
Phrases de quatuor
Envol création
Miroir du temps

Durée: 70’ environ


A 20h00
Gymkhana
Dracula 2010

Durée: 60’ environ

20 octobre 2010


Entrée


Acheter les billets, se présenter au comptoir de la FNAC, les retirer, lire l’adresse tenue jusqu’alors secrète. Le soir venu, se rendre dans une rue du 12ème arrondissement, arrêt Bel Air, traverser la coulée verte. La maison est visible de loin - une petite fille, passant sur le trottoir d’en face, écarquille les yeux et ralentit. La baraque est toute en hauteur, son portail dégouline de lierre. Tendre le billet à l’entrée. Bric-à-brac accroché aux murs de la cour intérieure, matériau composite formant autant de sculptures concrètes, illustrations visuelles d’une musique qui s’est elle-même faite plastique. Doucement, traverser la cour et pénétrer dans la maison des sons. Entrer pour le début du concert, diffusé dans chaque pièce depuis le studio par son locataire : Monsieur Henry. L’oeil écoute.





Sous-sol


Magnétos huit pistes ancestraux, filtres band-pass obèses, diapasons multiples, potentiomètres délaissés, circuits désossés plaqués aux murs gris, clés d’accordeurs, touches de piano solitaires, amplis/op des sixties, transformateurs de puissance, clous, vis, câbles dégainés, odeur de l’étain… Collection des reliques d’une ingénierie déjà obsolète. Tout est question, en musique concrète, d’attention aux bruits, aux restes, aux reliquats de l’écoute ordinaire. Miroir du temps : les cloches d’un autre âge (celle de Psyché rock) passées à la moulinette techno. On rie - jaune. Il n’y a pas de débris, il n’y a que des imaginations trop courtes ; il n’y aurait pas de petite musique ? que des oreilles bornées ?




L’escalier


Traverse perpendiculairement la bicoque. Boyau casse-gueule qui dessert chaque niveau, à l’image des câbles, mystérieusement cachés, qui transmettent le son dans chaque pièce. Colonne vertébrale d’un musicien de 82 ans. Car comment articuler les sons entre eux, comment produire la syntaxe des sons d’une vie entière ? Phrases de quatuor : la phrase de Schubert, verticale elle aussi, descendante, s’inscrit dans le décor plus ou moins agité et protéiforme de la vie sonore. Une musique m’habite, j’habite une musique. Je monte et descends entre ses strates, par un escalier tortueux de temps.



La salle aveugle


Au rez-de-chaussée, une salle, des haut-parleurs, en leur centre un micro. Il se tient seul, au bout de son trépied, individu important mais presque indésirable. Présence mystérieuse, il est le point aveugle d’une écoute anonyme. Acousmatique : Pythagore place un voile entre le maître et l’élève. Seulement ainsi, l’élève pourra entendre. L’acousmatique coupe le son de son contexte d’apparition. Dès lors, le micro, dans cette maison, est contradictoire… J’habite une musique, avec mon corps, et mes musiques, et mes gestes musiciens. Et la maison que je visite dit, de tous ses murs : « regarde, regarde la musique ».


Le studio


L’antre. Au bout d’une chaîne de magnétophones anciens, une pile de DAT, une table EMT et des centaines de bandes, l’homme est assis, non pas voûté mais posé là en son centre, semblable à un bonze mi renfrogné/mi amusé. Sur un meuble, une paire de ciseaux argent. Peut-être n’y touche-t-il plus. C’est cependant l’objet qui me semble le plus précieux, plus que les machines coûteuses, que les reliques de l’ingénieur. C’est le geste origine : prendre la bande, la couper, la boucler. Constituer un objet sonore, puis des objets de cet objet, autant de sons épinglés comme des papillons, autant d’objets trouvés, que les fondateurs se faisaient passer, presque en secret, au tout début de cette histoire. Des objets bizarres, comme des objets précieux. Ces passionnés d’un art curieux qui venait d’apparaître, l’art des sons fixés. Sur un meuble, une paire de ciseaux argent.



La bibliothèque musicale


Il y a d'abord les bandes magnétiques comme autant de rouleaux aux caractères mystérieux. Bandelettes, supports de sons cunéiformes. Rouleaux d'un texte dont la syntaxe nous échappe.



Deux volumes immédiatement visibles : le Traité des Objets Musicaux et le Journal de Pierre Schaeffer. Leur présence fait presque trop bonne figure. Lorsque Monsieur Henry quitte les studios de la RTF, en 1958, il se réfugie dans sa maison – une autre. Alors, il apprend à faire avec. Privé de matériau, privé d’outils à sons fixés, il utilise ce qui lui tombe sous la main : bouts de ferraille, acoustique de la salle de bain, quelques micros. Plus tard, les machines reviendront. Mais cette maison témoigne de cette étape, tapissée qu’elle est des choses avec lesquelles on a fait, avec lesquelles ont peut faire. L’étape de la scission, où l’on quitte le confort des studios. Pourtant, les livres de Schaeffer sont là, collection du Seuil, tranche olive, propre. Hommage à l’homme du studio, qui répugnait tant à se dire musicien. Qui, avec sa mauvaise conscience, admirait l’autre, au talent si spontané que la musicalité d’une timbale ou d’une locomotive ne lui posait en rien problème. Alors allégeance au chercheur, qui rêvait d’une musique : elle est sous ses yeux, il ne l’entend pas.


La chambre


Quelques chaises disposées à côté du lit, lequel, un peu défait, m’étonne par sa simplicité. Je me suis parfois dit que cette musique avait quelque chose des sons qui nous viennent dans le demi-sommeil : sorte de retour à l’improviste des voix du monde, à la fois familières et méconnaissables. Elles parlent haut et clair à l’oreille, parfois comme pour intimer un ordre précis. Mais les mots sont insaisissables. Ces voix se mêlent au silence opaque du sommeil venant, l’oreille fait le vide et éructe quelques pans de journée encore. Mais y a-t-il jamais silence ? (même quand il ne se passe rien, il se passe toujours quelque chose, « Something is always happening »). Déjà, je n’imagine pas ses rêves silencieux, et le silence a déjà une qualité sonore, l’opacité aux sons. Alors je me demande : Rêvons-nous des sons ? Non pas au sens propre (nous rêvons en sons) mais – les sons dont nous rêvons sont-ils aussi étranges que les lieux, les visages, bref, le visible dont nous rêvons ? Dans ta chambre, les quelques chaises sont tournées, face aux grands haut parleurs. Mais c’est vers ce lit très simple que nos regards convergent.



Comme si les rêves sonores pouvaient donner une quelconque clé, celle de la maison de sons, dont nous sommes sortis un peu plus jeunes qu’avant – maison rêvée par un enfant, celui là même qui regardait ébahi avant notre entrée : je décrirais ses pièces comme un long commentaire d’écoute.


Conseil : ouvrir les liens musicaux dans un autre onglet.


Noël approchant...


La librairie Michael Seksik, spécialisée dans les livres d'occasion illustrés, est située rue Lacépède, sur la côte de la Montagne sainte Geneviève, à quelques mètres du Jardin des Plantes. L'accueil très agréable qui vous sera fait n'est pas négligeable, les libraires n'hésitant pas à ouvrir pour vous et pour le simple plaisir des yeux, un exemplaire dédicacé de La Petite Renarde Rusée illustrée par Maurice Sendak ou un carnet de lithographies de Soutine datant des années 60. De quoi fouiner pendant une après-midi, dans ce petit espace où tout peut tomber sous l'oeil : des livres d'art épuisés aux illustrations pour enfant (on trouvera de nombreuses Alice, d'époques et de styles fort différents) en passant par des manuels scolaires de nos parents, des traités des criminologie, des images psychédéliques, jusqu'à des exemplaires cornés de la Haggada... Un véritable cabinet de curiosité dédié aux livres illustrés.

Le site de la librairie ici


Reconstitution de la polychromie originelle de la statuaire grecque antique...

De récentes découvertes archéologiques ont permis de cautionner l’une des théories les plus controversées de l'archéologie antique : celle de la polychromie des oeuvres, notamment de la statuaire.

Les conséquences de ces découvertes révolutionnent notre réception des oeuvres et de la pensée antique au point de vivifier la recherche en la matière. Un certain nombre d’ouvrages qui tentent de faire le point sur la question de l'Antiquité de nos jours ont été récemment publiés, aussi peut-on lire dans le "Guide de l'Antiquité imaginaire" de Claude Aziza : “l’Antiquité aujourd’hui n'est plus drapée dans « ce linceul de pourpre où dorment les dieux morts » : elle est bien vivante et s’est mise aux couleurs du temps”.

Ouch... Ca fait mal aux yeux...











Les sept catastrophes

le pli : y = x3 + ax
la fronce : y = x4 + ax2 + bx
la queue d'aronde : y = x5 + ax3 + bx2 + cx
l'ombilic hyperbolique (la vague) : z = x3 + y3 + axy + bx + cy
l'ombilic elliptique (le poil) : z = x3 / 3 − xy2 + a(x2 + y2) + bx + cy
le papillon : y = x6 + ax4 + bx3 + cx2 + dx
l'ombilic parabolique - le champignon : z = x2y + y4 + ax2 + by2 + cx + dy

Quatorze toiles du Prado en haute résolution sur Internet









Sur La Descente de croix de Roger van der Weyden, on peut voir le réalisme d'une larme perlant à l'œil de Saint-Jean.
AFP/HO
Sur "La Descente de croix" de Roger van der Weyden, on peut voir le réalisme d'une larme perlant à l'œil de saint Jean.

Mille six cents clichés pour le seul Jardin des délices de Jérôme Bosch : une profusion qui permet de distinguer des détails invisibles à l'œil nu, selon les promoteurs du projet. Le Jardin des délices et treize autres chefs-d'œuvre du musée du Prado sont disponibles, depuis mardi 13 janvier, en haute résolution sur Google Earth, le site d'images satellites du géant américain de l'Internet. Cette avancée technologique permet "l'accès à des œuvres à n'importe qui et depuis n'importe quel endroit du monde", explique le directeur du célèbre musée madrilène lors de la présentation du projet. "C'est la première fois que cela se fait dans le monde", indique pour sa part le directeur de Google Espagne.

La mise en ligne concerne Les Ménines de Velasquez, Le Jardin des délices de Jérôme Bosch, Les Fusillades du 3 mai de Francisco Goya, Les Trois Grâces de Rubens ou encore Le Chevalier à la main sur la poitrine du Greco.

Pour visualiser les œuvres, il faut positionner le navigateur Google Earth sur le musée du Prado, à Madrid, et ensuite cliquer sur l'icône "Obras maestras" pour ensuite entrer dans chacun des tableaux comme on pourrait le faire avec une loupe. Une reproduction "digitale ne peut se substituer à l'œuvre originale mais permet d'arriver à des détails que jamais on ne pourrait voir à l'œil nu", souligne le directeur du Prado.


Source: le Monde.fr

Sacrilège, florilège...

Où l'on apprend que certaines réactions sont involontairement comiques, bien plus que ce à quoi elles réagissent, nonobstant leur caractère inquiétant.





"L'abominable provocation anti-chrétienne de ToysR'us

Une fois encore, une entreprise idéologico-commerciale se livre à une tentative d’exploitation injurieuse de ce qu’il y a de plus sacré pour les chrétiens. Au mépris aussi de tout respect de la dignité humaine, la chaîne de magasins TOYS R’US propose la vente d’un jeu dit de « magnets ». Ce jeu consiste en l’occurrence à coller tour à tour sur le Christ en croix des déguisements en Hitler, en membre du Ku Klux Klan et en Satan. Il ne s’agit pas à l’évidence d’autre chose que d’une volonté de faire passer aux enfants à qui l’on offrirait ce jeu que le Christ est ce qu’il y a de pire. On est là évidemment en présence d’une intention haineuse de manipulation perverse.
L’AGRIF va décider la riposte qui s’impose sur le plan judiciaire. Mais sans attendre elle invite tous ses adhérents, tous les chrétiens et tous les français excédés par des pratiques qui rappellent les pires campagnes de haine révolutionnaire à protester auprès de TOYS R’US : 2 rue Thomas Edison, 91044 EVRY CEDEX. Tél : 01 60 76 83 00.
Naturellement elle appelle au boycott de cette entreprise tant qu’elle n’aura pas cessé son commerce aussi indigne que lâchement provocateur." Le blog de Bernard Antony


"Un jouet provoque l’émoi dans les milieux chrétiens : boycottez Toys’R'us. Après l’abjecte, inadmissible poupée Vaudou de Sarkozy et de Ségolène (cette dernière be sera pas rééditée, faute de succès), un autre jouet a atteint les sommets de la déchéance et de l’ignominie." source: Le Buzz Immobilier.

"Magnets blasphématoires, suite et fin.

Dès qu’elle a été saisie, et après avoir tenté, hélas en vain, d’obtenir des informations de Toys R’us, l’AGRIF a réagi face au scandale des magnets anti-chrétiens.
La vague de protestations a été importante en France à l’appel de l’AGRIF mais également en Espagne où d’autres associations ont réagi.
Dans les heures qui ont suivi, des responsables de Toys R’us France ont contacté l’AGRIF pour assurer notre association et nos adhérents que le groupe avait été victime d’actes de malveillance et qu’aucun jouet de ce type ne serait vendu en France ou ailleurs dans les magasins du groupe Toys R’us. L’AGRIF a dès lors appelé à stopper la campagne de protestation.
Depuis, de nombreux contacts positifs ont eu lieu entre l’AGRIF et Toys R’us. Contacts au cours desquels nous avons pu constater le sérieux du groupe et son refus catégorique de commercialiser ou de faire la promotion de jouets anti-chrétiens ou blasphématoires.
Toys R’us lance par ailleurs une action judiciaire pour que les promoteurs de ces jouets scandaleux soient condamnés. L’AGRIF s’en félicite et soutient cette démarche." le Blog de Bernard Antony


On remarquera que le déguisement de diablotin emporte nettement moins l'adhésion que le déguisement vahiné. Reste à demander son avis au petit Marc-Antoine, qui préfèrerait peut-être la première option pour la kermesse prochaine de Sainte-Geneviève-des-Champs.



Le plastique, c'est... fantastique.

“Malgré ses noms de berger grec (Polystyrène, Phénoplaste, Polyvinyle, Polyéthylène), le plastique, dont on vient de concentrer les produits dans une exposition, est essentiellement une substance alchimique. À l'entrée du stand, le public fait longuement la queue pour voir s'accomplir l'opération magique par excellence : la conversion de la matière ; une machine idéale, tubulée et oblongue (forme propre à manifester le secret d'un itinéraire) tire sans efforts d'un tas de cristaux verdâtres, des vide-poches brillants et cannelés. D'un côté la matière brute, tellurique, et de l'autre, l'objet parfait, humain ; et entre ces deux extrêmes, rien ; rien qu'un trajet, à peine surveillé par un employé en casquette, mi-dieu, mi-robot.”


Roland Barthes, Mythologies, in OC I (1942-1961), p. 804.

Palafox

“Certes, à première vue, tout laisse à penser que Palafox est un poussin, un simple poussin, puisque son œuf vole en éclats, un autruchon comme il en éclot chaque jour de par le monde, haut sur pattes et le cou démesuré, un girafon très ordinaire, au pelage jaune tacheté de brun, un de ces léopards silencieux et redoutables, volontiers mangeurs d’hommes, un requin bleu comme tous les requins bleus, assoiffé de sang, en somme un moustique agaçant de plus, avec sa trompe si caractéristique, un éléphanteau banal, mais bientôt on se prend à douter. Palafox coasse. Palafox nous lèche le visage. Alors nos certitudes vacillent. Penchons-nous sur Palafox”

Eric Chevillard, Palafox, Paris : Les Éditions de Minuit, 1990.

Disparition







La plus célèbre des expositions « dématérialisées » fut celle de Robert Barry à la galerie Art and Project à Amsterdam. Il apposa sur la porte d’entrée une note disant : « Durant l’exposition, la galerie sera fermée. » Il n’y avait pas d’œuvres visibles, pas même une pièce où elles auraient pu l’être. Tout ce que l’artiste présenta fut le fait ou l’assertion prétendant qu’un exposition, bien qu’invisible, avait lieu.