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Bel gazou



"C'est une noisette en bois de rose comme le petit bureau de maman.

La noisette collée à une oreille, elle écoute. « Ça chante. Ça dit : hû-û-û... »

Elle écoute, la bouche entrouverte, les sourcils relevés touchant sa frange de cheveux plats. Ainsi immobile, et comme désaffectée par une attention, elle n'a presque plus d'âge. Elle regarde sans le voir l'horizon familier de ses vacances. D'une niche de chaume ruiné, abandonnée par la douane, Bel-Gazou embrasse, à droite, la Pointe-du-Nez, jaune de lichens, bardée de violet par la plinthe de moules que découvrent les basses marées ; au milieu, un coin de mer, d'un bleu de métal neuf, enfoncé comme un fer de hache dans les terres. A gauche, une haie de troènes désordonnés en pleine floraison, dont l'odeur d'amande, trop douce, charge le vent, et que défleurissent les petites pattes frénétiques des abeilles. Le pré de mer, sec, monte jusqu'à la hutte et sa déclivité masque la plage où ses parents et amis pâment et cuisent sur le sable. Tout à l'heure, la famille entière demandera à Bel-Gazou : « Mais où étais-tu ? Mais pourquoi ne venais-tu pas sur la plage ? » Bel-Gazou n'entend rien à ce fanatisme des criques. Pourquoi la plage, et toujours, et rien que la plage ? La hutte ne le cède en rien à ce sable insipide, le bosquet humide existe, et l'eau troublée du lavoir, et le champ de luzerne non moins que l'ombre du figuier. Les grandes personnes sont ainsi faites qu'on devrait passer la vie à leur tout expliquer en vain. Ainsi de la noisette creuse : « Qu'est-ce que tu fais de cette vieille noisette ? » Mieux vaut se taire, et cacher, tantôt dans une poche, tantôt dans un vase vide ou dans le noeud d'un mouchoir, la noisette qu'un instant, impossible à prévoir, dépouillera de toutes ses vertus, mais qui pour l'heure chante, contre l'oreille de Bel-Gazou, ce chant qui la tient immobile et comme enracinée...

- Je vois ! Je vois la chanson ! Elle est aussi fine qu'un cheveu, elle est aussi fine qu'une herbe !..."

Colette, La maison de Claudine, "La noisette creuse"


Rainforest



David Tudor, Rainforest Version 1 (1968)

"A non-bucolic broad-band world Another widespread conception about nature sound environments regards them as 'quiet places', peaceful islands of quietude in a sea of rushing, noisy man-driven habitats. This constitutes the main motto of the Nature Sounds Society, as made explicit in the title of the CD released by the Oakland Nuseum, 'Quiet Places', and also that of G. Hempton's releases, 'Quiet Places Collection'.

While this can be true for certain natural environments and under certain conditions, I think this understanding leads to a restricted and bucolic view of nature that I don't share. La Selva, as many other tropical rain forests, is also a paradigm of an antithesis to this view. It is indeed quiet a noisy place. The multitude of sounds from water (rain, water courses), together with the incredible sound web created by the intense calls of insects or frogs and plant sounds, make up a wonderfully powerful broad-band sound environment of thrilling complexity. The resulting sound textures are extremely rich, with many sound layers that merge and reveal themselves by addition or substraction, challenging perception and also the very concept of individual sounds.

As I see it, this certainly contributes to expand our aural understanding of nature, not denying quietude, but embracing a more complete conception, freed of our judgement and of a somewhat simplistic categorization. I'm certainly on the side of those defending the 'pristine' sound quality of natural environments, but essentially because I think we should avoid the sound intrusion that leads to sonic homogeneization, thus pursuing the conservation of sound diversity in the world.

Within the same spirit, I also defend the preservation and enhancement of the diversity of man-made sound environments and devices. The value we assign to sound environments is a complex issue we shouldn't simplify; under some circumstances, nature can also be considered as an intrusion in environments dominated by man-made sounds. In this sense, my approach is as futurist as it is environmentalist, or, in broader terms, independent of these categorizations."

Francisco Lopez, sur "La Selva", 1998 - V2_Archief
Source : http://www.franciscolopez.net/env.html


L'île aux trente cercueils

Feuilleton télévisé policier en coproduction française/belge/suisse.
Six épisodes de cinquante-deux minutes, diffusé à partir du 21 septembre 1979 sur Antenne 2.





« Quatre femmes en croix, trente cercueils ; la Pierre-Dieu qui donne mort ou vie... ».
Phrases énigmatiques ou malédiction celte censée s’abattre sur tous les habitants de l’île de Sarek surnommée « L’Île aux trente cercueils » ? A la recherche de son passé et attirée par l’apparition de son nom sur une porte de cabane entr’aperçue dans un film muet, une jeune infirmière décide d’aller explorer la Bretagne profonde. Sa quête l’amènera sur cette fameuse île où une étrange conspiration se trame. Entre légendes druidiques, énigmes policières et cadavres qui disparaissent, Véronique d’Hergemont va devoir combattre son passé pour trouver un présent.

L'action se déroule en 1917. Véronique d'Hergemont est une jeune femme de trente-cinq ans, devenue infirmière à l'hôpital militaire de Besançon dans l'espoir d'oublier un passé qui la hante depuis quatorze ans. En effet, Véronique d'Hergemont ne peut se pardonner la mort de son père et de son fils François, disparus en mer. La mort de ses proches est en effet pour elle le châtiment pour avoir, contre la volonté de son père, épousé le comte Vorski. Après avoir compris que son propre père avait enlevé l'enfant pour le protéger, elle avait fui Vorski, qui s'était entre-temps avéré être un dangereux mythomane, persuadé d'être appelé à un destin grandiose...

Ce passé tragique rattrape Véronique d'Hergemont lorsqu'elle découvre sa griffe personnelle (V d'H *) dans un film projeté à Besançon. Bouleversée, car sachant que personne, hormis elle, son père et Vorski ne connaissaient cette signature, elle entreprend des recherches en Bretagne, où a été tourné le film. Ses recherches vont la conduire sur la piste de son père et de son fils qui, alors que tout le monde les croyait morts, s'étaient réfugiés sur l'île de Sarek, plus connue dans la région comme l'Île aux Trente Cercueils. Dès son arrivée, le cauchemar commence...

La région centrale

Un film de Michael Snow

1970-71, Canada
16 mm, Couleur, Sonore, 195 min
Distribution Cinédoc





”Tourné en mois d'une semaine en septembre 1970 au Québec, ce film explore toutes les possibilités offertes par les mouvements de caméra au moyen d'une machine réalisée par l'ingénieur Pierre Abbeloos, Snow ayant auparavant consulté Graerne Ferguson, le co-inventeur du procédé Imax apparu en 1968. Le dispositif rotatif fixé au sol cartographie l'espace d'une "région centrale" au moyen de panoramiques, va-et-vient horizontaux et verticaux, boucles, associées aux zooms, sans filmer l'appareil perceptif lui-même. Les directions sont commandées à distance depuis un tableau de bord, Snow ayant au préalable transmis à Abbeloos une partition de tournage combinant nature et vitesse des mouvements de caméra, profondeur de champ et conditions atmosphériques. Bien que le système de transmission ait été conçu de sorte à ce qu'à chaque direction corresponde une onde sinusoïdale, l'espace sonore a finalement été enregistré après le montage. Emis selon cinq fréquences différentes et à des vitesses variables, il est synchronisé avec les différentes orientations de l'image. Par ailleurs, le montage a initialement été pensé comme la reconstitution d'une journée en condensé à partir de séquences prises à chaque heure. L'agencement final fait se succéder les plans, créant un espace vertigineux au-delà de la pesanteur, où le plan perd ses repères et où le territoire est étendu par la sphère de vision.
Achetée en 1972 par le Musée des Beaux-Arts du Canada, la machine est devenue une installation autonome intitulée "De là", où une caméra de surveillance est reliée à quatre écrans de contrôle.”

Source : LUFF 2010
http://www.luff.ch/fileadmin/2010/ftp/web10/catalogue-luff-2010.pdf






The Sound Data Base - Une cartographie sonore.

http://www.petercusack.org/


Le projet vise à mettre en partage des sons enregistrés dans un environnement urbain ( Londres). Les sons, précisément reliés à une zone géographique de la métropole, sont disposés sur une carte disponible en ligne. Le visiteur de la carte peut dès lors activer les sons dans l’ordre qu’il souhaite et composer ainsi un paysage sonore inédit.


Images de la frontière kirghize




Le col d’Irkeshtam

Article Le Monde, 15 octobre 2010.

“C’est le dernier village Kirghize avant la frontière chinoise à 5 kilomètre de là. Un village ? Un campement plutôt. Perchées à 3000 mètres d’altitudes entre Pamir et Monts Célestes, des dizaines de caravanes prennent la rouille et s’incrustent dans le sol. Des pneus leurs servent d’escalier. Sur certaines d’entre elles, les lettres peintes « магазин » (magasin) s’écaillent lentement. Cigarettes, vodka, et babioles de bazar sont proposées aux routiers de passage. Quelques familles habitent là, vivants de ces commerces ou de petits trafics. Entre les roulottes, des poids lourds se sont garés, ils attendent un chargement ou la réouverture matinale de la frontière. Leur chauffeur, des kirghizes, ouighours, tadjikes, se retrouvent pour une nuit ou une semaine dans ce caravansérail des temps modernes, décor pour un Mad Max d’Asie Centrale. Les chinois sont invisibles. Ils dorment dans leur camion garé dans un parking surveillé, un peu à l’écart. Trop de vols ont installé un climat de méfiance.

Entre chien et loup, un homme titubant d’alcool passe, le visage ensanglanté. Personne ne lui prête attention. Les phares des camions et les ampoules des caravanes sont les seules lumières. Un corpulent tadjik nous invite dans une petite chambre qu’il partage avec quelques compatriotes. Ils sont là pour de longues semaines, coordonnant le passage de fret, des poids lourds chinois à leurs homologues kirghizes ou tadjiks. Foin du ramadan, on trinque à coups de vodka. Une vidéo porno sur un téléphone portable fait tourner les rire. Elle vient d’un chauffeur chinois. L’occasion de passer en revue les ethnies des cette Babel asiatique : les kirghizes ? Des voleurs. Les ouighours ? Des menteurs. Les ouzbeks ? Des barbares. Les chinois ? des gens de confiance, on peut compter sur eux et tout marche tellement bien Chine. Ce sont d’ailleurs des produits chinois qui remplissent leurs camions. Vêtements, jouets, matériel de construction… Ils préféreraient être en Chine que dans ce trou. Rien à faire. Pas de boite de nuit, pas d’eau chaude, pas de toilettes, deux auberges minables. Mais notre ami est coincé ici ; quelques séjours en prison et une association au parti de l’opposition islamiste tadjik, l’ont exilé dans ce coin de terre inhospitalier.Une proposition de photo souvenir met soudainement terme à cette virile camaraderie. « Tu ne m’as pas vu, on ne se connait pas. » A peine ces mots lâchés, qu’un bref tremblement de terre achève de ramener tout le monde à la sobriété et nous précipite hors de la chambrée dans une nuit devenue brusquement inquiétante”.


Good Bye Amusement Park

Voici des photos de parcs d'attraction abandonnés, trouvées sur un blog japonais manifestement consacré aux espaces abandonnés et autres lieux tiers.
Voici le lien d'une autre page de ce blog, dédiée cette fois à un hôtel abandonné dans la montagne : http://home.f01.itscom.net/spiral/newkomagari/newkomagari01.html.
Les images du “salon rose” sont magnifiques.
Pardon pour les crédits photographiques, ne lisant pas le japonais, je n'ai pas pu les citer.



















Quatorze toiles du Prado en haute résolution sur Internet









Sur La Descente de croix de Roger van der Weyden, on peut voir le réalisme d'une larme perlant à l'œil de Saint-Jean.
AFP/HO
Sur "La Descente de croix" de Roger van der Weyden, on peut voir le réalisme d'une larme perlant à l'œil de saint Jean.

Mille six cents clichés pour le seul Jardin des délices de Jérôme Bosch : une profusion qui permet de distinguer des détails invisibles à l'œil nu, selon les promoteurs du projet. Le Jardin des délices et treize autres chefs-d'œuvre du musée du Prado sont disponibles, depuis mardi 13 janvier, en haute résolution sur Google Earth, le site d'images satellites du géant américain de l'Internet. Cette avancée technologique permet "l'accès à des œuvres à n'importe qui et depuis n'importe quel endroit du monde", explique le directeur du célèbre musée madrilène lors de la présentation du projet. "C'est la première fois que cela se fait dans le monde", indique pour sa part le directeur de Google Espagne.

La mise en ligne concerne Les Ménines de Velasquez, Le Jardin des délices de Jérôme Bosch, Les Fusillades du 3 mai de Francisco Goya, Les Trois Grâces de Rubens ou encore Le Chevalier à la main sur la poitrine du Greco.

Pour visualiser les œuvres, il faut positionner le navigateur Google Earth sur le musée du Prado, à Madrid, et ensuite cliquer sur l'icône "Obras maestras" pour ensuite entrer dans chacun des tableaux comme on pourrait le faire avec une loupe. Une reproduction "digitale ne peut se substituer à l'œuvre originale mais permet d'arriver à des détails que jamais on ne pourrait voir à l'œil nu", souligne le directeur du Prado.


Source: le Monde.fr